Publié : 5 octobre 2016

Guide pratique du jardin médiéval

Le jardin médiéval est un savant mélange de plusieurs espaces de culture : Coin des herbes à porée , potager et verger, carré des simples, herbes magiques et utiles.

JPEG - 2.7 Mo

Varié, structuré, organisé, coloré, savamment délimité par des plessis (haies d’osier tressé ou encore bordure en plessage de noisetier), pour des carrés sans cesse en culture . Le lycée Augustin Boismard était à l’origine des plessis et des bancs de notre jardin.
Ces éléments , certains disparus , d’autres mal en point pourrait faire l’objet d’une réfaction par le lycée autour d’un projet , mais il faut leur apporter de la matière première , comment faire ?
Le jardin est un vrai concentré de plantes aussi utiles que diverses, en accord total avec les besoins du quotidien de l’époque. Ingénieusement pourvu d’un coin de pharmacopée naturelle, d’un coin de plantes utiles, un pour celles réputées magiques aux pouvoirs mortels ou salvateurs, un autre pour les plantes comestibles. Parfaites en potages, potées et Cie. Un espace pour les arbres à fruits, histoire de ne pas faire une intoxication aux choux. Et même une surface uniquement réservée aux fleurs.
Au Moyen-âge, la palette de végétaux à disposition n’était pas aussi fournie (à peu près 200 espèces à disposition).

Le carré des simples

Le carré des simples ou l’herbularius n’est autre que cette trousse à pharmacie naturelle. Rempli de plantes médicinales, il est en place pour soulager tous les maux du quotidien. Parmi ses végétaux, on trouve ainsi quelques soins de première urgence comme le très cicatrisant souci (Calendula officinalis), les apaisants thym et camomille matricaire. Car ici, à chaque mal, sa plante. Pour les maux de ventre, on retrouve la menthe, l’absinthe ou le chardon. Pour les fièvres, nombreuses à l’époque, la petite camomille était recommandée, ainsi que la verveine officinale ou la benoîte. Souvent, un coin de ce carré était même réservé aux « plantes de femmes » liées aux maux exclusivement féminins, telles l’armoise, la mélisse ou la rue.

JPEG - 2.9 Mo
Rempotage de la sauge officinale
JPEG - 3 Mo
Carré des simples

Les plantes magiques et utiles (en leur temps...)

Les plantes autrefois réputées magiques ne sont plus vraiment très utiles de nos jours. A moins d’avoir des connaissances en sorcellerie ou de mauvaises intentions. Pour la plupart, il s’agissait de plantes cultivées pour leur poison comme la digitale, le datura, ou encore la belladone dans les jardins de sorcières ! Toutes trois aussi belles que toxiques.
A l’inverse, certaines étaient cultivées pour leurs pouvoirs « bénéfiques », comme l’amarante (Amaranthus caudatus), censée apporter guérison, protection et... immortalité. Ainsi que pour leurs vertus curatives universelles. Tel est le cas de la sauge dont l’origine latine salvia signifie guérir...
Nous avons encore quelques espèces dans notre jardin, mais d’autres ont disparues.
L’idée serait de faire "un appel au don" ou une grainothèque pour réimplanter ces espèces dans notre jardin.
Très employées à l’époque, les plantes textiles ( lin, chanvre..) et tinctoriales comme le safran ou le pastel étaient représentés dans chaque jardin. Là encore, à moins d’avoir les outils adéquats, elles n’ont plus désormais qu’un rôle ornemental. Ou culinaire, pour le safran.

JPEG - 2.7 Mo

Au potager et au verger

A l ’époque l’ enclos (hortus) de plantes comestibles était surtout composé de légumes racines et d’herbes à potées et potages comme les épinards, l’arroche, les poireaux, ou bien les choux, lentilles, pois, l’ail, les cucurbitacées... On y trouvait aussi tous les condiments servant à relever les plats comme le raifort, la livèche, la moutarde, le fenouil. On peut aujourd’hui y installer également toutes les plantes aromatiques connues (basilic, ciboulette, menthe...).
Là également un appel aux dons à l’échelle des familles ou du village pourrait être organisé avec une "grainothèque".
Une palissade de fruitiers soigneusement taillés était aussi de rigueur. Parmi lesquels les pommiers, poiriers, pruniers tenaient le haut du panier.
Depuis plusieurs années un travail autour de la taille des pommiers et des greffes est organisé avec le concours de l’ Association Pomologique de Haute Normandie.
Le verger de collection est composé d’essence à maturation différente qui permet une récolte différée. Les pommes à terre peuvent être utilisées pour des compotes, et pour la cueillette des pommes encore sur les branches , elles ne s’effectuent que lorsqu’elles tombent quand on les tourne d’un quart de tour.

JPEG - 2.5 Mo
Séance dégustation des variétés de pommes locales du verger.
JPEG - 1.3 Mo
M. Gaumont de l’APHN