Publié : 7 juillet 2017

Ses affectations dans les camps

Le 8 août 1943, Henri Ledroit, initialement placé à Mauthausen, en Autriche, est emmené dans le kommando de Wiener-Neustradt, à cinquante kilomètres de Vienne.

Lors de son arrivée, on lui a donné un numéro de matricule.
On a échangé son nom pour un numéro : le 26252 (sechsundzwanzigtausendzweihundertzweiendfünfzig).

Il était chargé de creuser des tranchées et faisait, dans des moules mettaliques, des plaques ceintrées qui devaient servir pour construire des abris contre les bombardements.
Parfois, ils sabotaient discrètement le travail. Avant les livraisons, ils les laissaient tomber du côté bombé pour qu’elles se fendent. Afin de s’épargner quelques tâches plus pénibles, il se baladait avec une brouette, une pelle et un balai. Si on l’interrogeait, il disait avoir reçu l’ordre d’un civil.

Le 30 octobre 1943, il est arrivé dans un train avec 600 détenus au kommando de Redl-Zipf. Ce camp était pour lui le plus difficile.
À son arrivée, il pleuvait beaucoup.
Pour travailler, ils n’avaient qu’une chemise, un caleçon, un pantalon, une verse et une capote (manteau), pas du tout imperméables. Il devait préparer des rails pour deux voies, une étroite pour le gravier, et l’autre plus large pour les trains.
Son deuxième trvail fut de creuser des tunnels dans la brasserie.

Le 7 février 1944, Henri Ledroit fut déporté au Russenlager de Mauthausen, par une température de -15°C.

Les kapos les mettaient à nus et les rhabillaient après. Il fallait attendre devant la porte d’entrée, dans la nuit et le froid. Lorsqu’ils étaient 100, ils pouvaient descendre à Russenlager.
Cet endroit devait son nom à un ancien camp où des prisonniers de guerre soviétiques avaient été entassés et massacrés jusqu’au dernier.

Ils ont été emmenés dans une soi-disant infirmerie. S’ils en sortaient, on considérait qu’ils étaient en état de travailler. Henri L. y est resté de février à début juillet. Ils étaient environ 700 dans ce block.
Les kapos s’amusaient à faire souffrir les hommes, notemment ceux atteints de maladies comme la dysenterie.
Ils s’amusaient aussi à les tuer à coups de trique (baton).

Le 3 juillet 1944, ils furent emmenés au kommando d’Ebensee.
Le 30 octobre 2007, Henri L. rencontra Andreas Schmoller, qui avait organisé une interview avec lui. Andreas lui donna alors un document précieux pour lui, la liste du transfert du groupe partant à Mauthausen pour aller travailler à l’Aussenkommando Solvay, tout en étant interné à Ebensee. Il a été affecté au block 18, où les activités principales étaient le principalement été le percement de galeries souterraines au Grand Steinbruch, endroit où il a travaillé.
Il y avait environ 10’000 détenus.