Par : M Vastel
Publié : 25 février 2010

Visite au Mémorial de la Shoah

A notre arrivée à Paris, nous longeons la Seine pour nous rendre dans le quartier du Marais. Une multitude de monuments, comme la Tour Eiffel, la Sainte Chapelle, Notre-Dame, ainsi que des lieux historiquement connus à l’égal de la place de la Concorde, du pont Mirabeau, des îles Saint-Louis et de la Cité, apparaissent au fur et à mesure de la visite.

Nous pénétrons enfin dans l’ancien quartier juif du Marais. Nous empruntons un grand nombre de rues où, sur de nombreuses devantures de magasins et d’autres façades, on retrouve le même signe : l’étoile de David. Durant les années 1940, les juifs étaient contraints au port de l’étoile jaune cousue sur les vêtements au niveau du coeur ou peinte sur les devantures de leurs magasins. Ceci permettait de les différencier du reste de la population.Nous retrouvons quelques bâtisses d’époque à l’exemple des écoles religieuses, synagogues, boutiques. Sur certains, y figurent des écritures hébraïques. Nous voyons également plusieurs plaques commémoratives de l’arrestation de juifs et/ou de résistants.

L’après-midi, nous nous rendons au mémorial de la Shoah. Avant même d’entrer, les grilles et portiques de sécurité nous montrent que nous pénétrons dans un lieu "pas comme les autres".
Un fois dans le cour, au centre, demeure un gros cylindre de bronze où sont inscrits les noms de camps de concentration tels que Sobibor, Auschwitz ou encore Mauthausen.

A l’entrée, se trouve le Mur des Noms où sont gravés les noms de 76000 juifs qui furent tués. Pour les familles des victimes, ce mur est très important car c’est le seul endroit où elles peuvent se recueillir.
Après un instant de silence et d’émoi, nous poursuivons notre visite.
Nous descendons dans la "salle des fichiers" : là, sont conservés de nombreux documents officiels de personnes, notamment des pièces d’identité.

Après cela, nous visionnons un court métrage résumant les moments importants de l’exclusion des juifs, jusqu’au génocide. Ensuite, nous pénétrons dans une petite pièce où la lumière blanche se fait éblouissante. Des dizaines et des dizaines de photos de personnes tuées (enfants et adultes confondus) tapissent les murs. C’est avec les yeux embués que nous quittons ce lieu.

Nous allons maintenant assister au témoignage d’Annette Kolinka. Après réflexion, son témoignage a été le moment le plus poignant de la journée. Elle commence son récit en racontant la vie qu’elle avait avant la déportation. Elle nous présente aussi sa famille en nous montrant des photos de quelques-uns d’entre eux. L’une d’entre elles restera gravée dans ma mémoire : c’est celle de son neveu qui "avait douze ans et qui ne connaîtra pas ses treize ans". C’est avec une boule dans la gorge que nous continuons à l’écouter.

Vient le moment où elle parle de la vie dans les camps. Dans l’expression de son visage comme de sa voix, nous avons l’impression qu’elle ne ressent rien, pas de douleur... Une fois qu’elle entre davantage dans le récit, nous remarquons que, même si elle essaie de dissimuler sa tristesse et la violence de ce qu’elle a vécu, sa voix laisse transparaître son émotion, et en même temps la force de son témoignage. Plus tard, nous avons compris qu’après avoir traversé de telles épreuves, il était difficile d’exprimer ses sentiments. et que ces personnes comme Ginette gardaient leur douleur au fond d’elles.

Elle réussit tout de même à mettre de l’humour dans son témoignage, et, c’est avec admiration que nous remercions cette femme pleine de courage qui a réussi à nous faire ressentir sa vie, à nous faire partager son histoire, à nous faire comprendre que la Mémoire est indispensable.